This Is How The Ebola Epidemic Might Spread If It’s Not Contained

Voilà à quoi servent l’étude des chiffres sur l’épidémie : à prévoir les prochains mouvements (du virus et de ceux qui luttent contre lui)

Dans le lien ci-dessous dont ce billet est un commentaire, nous avons une étude prédictive réalisée au début du mois d’aout 2014 qui tentait de prédire quels étaient les pays les plus susceptibles d’être touchés si on se basait sur les décès depuis juillet 2014.

http://io9.com/this-is-how-the-ebola-epidemic-might-spread-if-its-not-1630615528

Article scientifique originel

Il y a notamment un TOP16 des pays les plus à risque (dont la France et quatre autres pays non africains font partie). Le modèle s’avère être valide pour deux pays seulement, le Nigeria et le Sénégal. Pourquoi ne s’est-il pas vérifié pour les autres ? Je tente de répondre mais je suis ouvert aux commentaires des autres.

Déjà, il faut voir les pourcentages de probabilité. Au 1er septembre, tout est en dessous de 10%, à vue de nez plutôt proche de 1%. Ca veut dire 90-99% de probabilité qu’il ne se passe rien.

Entre temps, le virus mute (probablement moins mortel mais c’est pour mieux se transmettre…) et les pratiques de prévention et de prise en charge aussi. Mine de rien, ça n’accélère pas tellement au Sierra Leone et à peine un peu en Guinée où chaque mini-crise est prise en charge au point que la survenue de nouveaux cas ralentit à chaque fois. Effectivement, si tout se mettait à se passer comme au Liberia où l’épidémie accélère avec une régularité similaire au modèle prédictif (cf article précédent), on pourrait « s’amuser » à tenter ce genre de prophétie. Mais ce n’est pas le cas. Je pense que le modèle utilisé est trop simpliste ou du moins, parce que je ne veux pas dénigrer la tentative de modélisation, que la situation.pays par pays complexifie trop la prédiction.

De mon point de vue de béotien, je pense qu’il manque quand même des éléments de réflexion : A un moment, ça va naturellement se tasser au Liberia (parce que les gens auront moins de contact, la maladie délite le lien social). Mais dans les pays touchés, le personnel soignant subit lui aussi une pression, si le personnel est trop touché, ça risque de s’aggraver (et encore, ce n’est pas dit : il me semble que les premières épidémies se sont arrêtées parce que les soignants étaient décédés et que les gens, mourant chez eux au lieu d’un hôpital, ne transmettait plus le virus). En fonction du timing entre le moment où ça va se tasser au Liberia et celui où ça va craquer trop fort pour le personnel soignant, ça aura un impact sur l’ensemble de l’épidémie. Soit parce que dans le cas pessimiste, les gens seraient débordés, soit, dans le cas optimiste, parce que les moyens de lutte pourraient être redistribués pour une meilleure efficacité. Mais bien malin qui pourra prédire ce timing à ce jour.

Enfin, il y a la situation dans les pays nouvellement touchés (c’est à dire le Sénégal, le Nigeria et le Congo même si ce n’est pas la même souche). Le Nigeria est 40 fois plus peuplé que le Liberia. Et même si je ne connais pas la densité démographique du pays, la porosité des frontières, la situation politique et encore moins l’impact que ça peut avoir sur la dissémination du virus. Je pense que s’ils perdent le contrôle dans ce pays, ce sera des besoins humains encore plus importants (et on ne fait pas des médecins à coup de milliard, il faut du temps) et une pression sur les autres pays encore plus forte au point que ce qui se passe actuellement au Liberia ne passe au final pour un épiphénomène.

Pour l’instant, au Nigeria, même s’il y a des couacs (un patient qui a fuit pour créer un nouveau foyer d’infection), on dirait qu’ils gèrent.

Pour conclure, je donne l’impression de beaucoup parler d’Ebola mais proportionnellement à la frénésie médiatique actuelle (cette phrase fait beaucoup référence à mon activité sur les réseaux sociaux), je me retiens. Je suis persuadé qu’il fallait paniquer quand j’en parlais au début, en mars-avril, ça aurait changé la donne. Maintenant, on ne peut qu’être spectateur. Malgré les cris et les pleurs sur le net, l’épidémie fait rage mais elle fait rage de la même manière que depuis début juillet.

Malheureusement, en Afrique de l’ouest rien de nouveau…

Disclaimer :

Je tiens à préciser que ce n’est que mon avis de passionné par le sujet. Mes diplômes me permettent à peine d’imaginer comment peut évoluer un tel virus peut évoluer au fil des ans (en supposant que les virus de plantes et d’animaux évoluent de la même façon) mais pas d’être catégorique pour commenter régulièrement l’actualité de l’épidémie d’Ebola. Je le fais quand même mais ne prenez pas mes propos comme parole d’évangile.

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