Ma blogosphère sur la Biologie, la Paléoanthropologie et autres sciences

Offres pour les enseignants : Bioscope // concours Science on the Move

, 11/09/2026 | Source: Bio-Tremplins

Deux offres pour vos élèves

Le programme d'activités du Bioscope pour ces prochaines semaines, et un concours  « Dancing Plants », associe différentes disciplines MINT (mathématiques, informatique, sciences naturelles et technique), promeut et encourage le travail scientifique, la formulation de ses propres questions, la créativité, la pensée critique, la communication et le travail d'équipe – des compétences indispensables dans le monde du travail actuel.

 

Bioscope Newsletter

 

Chères enseignantes, chers enseignants,

Nous vous souhaitons une belle rentrée et nous nous réjouissons de vous accueillir bientôt ! 

Vous trouverez ci-dessous toutes les informations concernant l’ouverture de la plateforme de réservation pour le premier semestre, du 21 septembre 2026 au 12 février 2027.

Le Bioscope est ouvert les matins aux ateliers scolaires. Il est dédié à l’accueil d’un public non-scolaire les après-midis, notamment à la patientèle des diverses unités de la MEA (Maison de l’enfance et de l’adolescence des HUG).

Les réservations, modifications et annulations d’ateliers se font via notre nouvelle plateforme de réservation en ligne qui ouvrira le lundi 31 août 2026 à 12h! 

Par souci d'équité, une classe/un groupe d'élève ne pourra participer qu'à un seul atelier par semestre (maximum 2 par an). Nous vous remercions pour votre compréhension!

Pour le primaire

Êtres vivants, Sols vivants: du 21 septembre au 16 octobre 2026

Digestion et Emotions: du 26 octobre 2026 au 12 février 2027

Pour le secondaire

Stress, Illusions, Sexes, Mémoire et Interactions sociales: du 21 septembre 2026 au 12 février 2027

CodeMyFish: cet atelier se déroule sur 2 séances et les réservations se font par mail dès maintenant à l'adresse bioscope@unige.ch 


Lundi 5 octobre

Comment la nature nous relaxe-t-elle ?

Dans le cadre de la semaine de la santé mentale et du projet Relax, on s’adapte! nous aimerions vous inviter à bloquer la date du :

Lundi 5 octobre, 18h-20h30
Au Bioscope – Maison de l’enfance et de l’adolescence

26 Boulevard de la Cluse

🌿 Au programme :

Une soirée scientifique sur l’étude des liens entre nature et santéInformations et programme complet à venir !Lien d'inscription

Avec la participation de :

Dre Lia Rosso, biologiste, spécialiste des pituicytes de la neurohypophyse, cellules impliquées notamment dans la libération d’ocytocine.

Aujourd’hui autrice, journaliste et vulgarisatrice scientifique, elle est notamment l’autrice du livre La nature en nous et co-présidente d’UNature Suisse, où elle s’engage pour mieux comprendre et faire connaître les liens entre nature et santé.

Dr Clément Menuet, chargé de recherche à l'INSERM (France), au sein de l'Institut de Neurobiologie de la Méditerranée (INMED) à Marseille. Ses recherches portent sur les mécanismes neuronaux par lesquels l'activité respiratoire module l'activité cardiovasculaire, et en particulier pour la genèse de la variabilité respiratoire de la fréquence cardiaque. Les travaux récents de son groupe ont identifié des mécanismes centraux de genèse de la variabilité respiratoire de la fréquence cardiaque et leur modulation par l'ocytocine en comportement de relaxation (google scholar).

 
 

Plus d’infos sur le projet Relax, on s’adapte! au lien suivant :Projet Relax, on s'adapte!

 
Retrouvez tous nos ateliers
 

Ressources pédagogiques

Savez-vous que nous mettons à disposition des enseignant-es, mais aussi du grand public, de nombreuses ressources pédagogiques sur diverses thématiques?

- 1, 2, 3... Sommeil!
- Le grand bazar de l'évolution
- Bon Stress!
- Sexesss
- Favoriser la biodiversité à notre échelle
- Les sols vivants
... et bien d'autres!
Retrouvez nos posters, brochures, des vidéos, fiches-infos et de nombreux liens utiles sur notre page dédiée.
Nos ressources

Programmation de la Fondation Convergences

La photographie à découvrir avec sa classe

La Fondation Convergences et le Centre de la photographie Genève proposent toute l’année des expositions à la Maison de l’enfance et de l’adolescence des HUG, avec des visites pédagogiques gratuites pour les classes, sur demande.

Jusqu’au 2 octobre, découvrez Fantômes Météores du photographe genevois Florian Luthi, entre paysages du Jura, récits d’OVNIs et imaginaire.

Visites scolaires dès la 5P (8 ans) : visites@centrephotogeneve.ch

Découvrez le programme d’exposition : https:// www.fondationconvergences.ch/cpg- expositions-2026/
Plus d'informations

 

Le Bioscope est le laboratoire public des sciences biomédicales et des sciences de la vie du Scienscope, de la Faculté de médecine de l'UNIGE et de la Fondation Convergences, au sein de la Maison de l'enfance et de l'adolescence des HUG

Bioscope | Maison de l’Enfance et de l’Adolescence - MEA (HUG)
Boulevard de la Cluse 26
1211 Genève 14

Infos pratiques



Concours national MINT pour les classes - Inscriptions ouvertes

Chères enseignantes, chers enseignants,

Peut- être avez-vous déjà entendu parler du concours Science on the Move ou même déjà participé à une précédente édition avec votre classe. Ce concours MINT pour les classes du Secondaire II provenant de toute la Suisse a été créé par la fondation SimplyScience en 2011 et s’est déroulé avec succès sept fois depuis lors. L'année prochaine, Science on the Move 2027 revient avec des tâches passionnantes, un aperçu direct du monde de l'entreprise (Science Fairs) et de superbes prix.

Le thème scientifique du concours, « Dancing Plants », associe différentes disciplines MINT (mathématiques, informatique, sciences naturelles et technique), promeut et encourage le travail scientifique, la formulation de ses propres questions, la créativité, la pensée critique, la communication et le travail d'équipe – des compétences indispensables dans le monde du travail actuel.

Comme prix principal, la classe gagnante se rendra à l’étranger pour un voyage à thème scientifique.

En pièce jointe, vous trouverez un flyer et un document PDF avec davantage d’informations.

Voici en résumé les dates clés :

Inscription

À partir de l’automne 2026

Partie expérimentale

Janvier - Mars 2027

Science Fairs
(toutes les classes)

Avril 2027

Préparation de l’événement final (classes sélectionnées)

Mai 2027

Événement final
(classes sélectionnées)

Juin 2027

Voyage scientifique de la classe gagnante

Septembre 2027


N’hésitez pas à faire suivre ce message à vos collègues des disciplines MINT. Le concours se prête bien à un projet scolaire commun encadré par plusieurs enseignant·e·s.

Comme le concours se déroule en anglais, la communication officielle se fera en anglais à partir d’aujourd’hui. Si vous avez des questions, vous pouvez néanmoins nous contacter en tout temps en français.

Avec nos meilleures salutations.

Alexandra Rosakis (directrice) Sarah Menzi (responsable de projet)

SimplyScience Stiftung Nordstrasse 15 8006 Zürich Phone: 044 368 17 48 scienceonthemove@simplyscience.ch

Blog discutant de l'évolution de la biologie et de son enseignement. Pour explorer comment maintenir vivant le lien entre la recherche et l'enseignement.

Symbioses marines,Conférence de Marc-André Selosse Mardi 8 septembre à 20h De Saussure

, 18/08/2026 | Source: Bio-Tremplins

Une conférence pour se changer les idées de la rentrée et de son cortèges de nouveautés - pas toutes très compréhensibles

Dans le monde vivant, la coopération entre espèces est fondamentale. La symbiose, une association physique entre deux organismes d’espèces différentes, bénéfique à chacun d’eux, est fréquente. On connaît le poisson clown et son anémone, mais on ignore les nombreux cas où des animaux ou des algues sont nourris ou défendus par une autre espèce, dans les écosystèmes coralliens comme sur nos côtes européennes ! Poissons agriculteurs, crevettes nettoyeuses de poissons, poissons luminescents : venez découvrir les entraides sous-marines !

Marc-André Selosse

Marc-André Selosse est professeur du Muséum national d’Histoire naturelle à Paris et des universités de Gdansk (Pologne) et Kunming (Chine), où il dirige des équipes de recherche. Il a enseigné à Viçosa (Brésil) et est chargé de cours à l’Ecole Normale Supérieure, Science Po et aux Hautes Etudes Commerciales (HEC). Ses travaux portent sur l’écologie et l’évolution des associations à bénéfices mutuels (symbioses). Mycologue et botaniste, il travaille en particulier sur les symbioses mycorhiziennes qui unissent des champignons du sol aux racines des plantes. Président de BioGée, membre de l’Académie d’Agriculture de France et de l’Institut Universitaire de France, il est éditeur de quatre revues scientifiques internationales et de la revue de vulgarisation Espèce. Il a publié plus de 230 articles de recherche et 290 articles de vulgarisation et des ouvrages grand public notamment sur les microbiotes (Jamais seul, 2017), le sol (L’origine du Monde, 2021) et la place de l’homme dans la nature (Nature et Préjugés, 2024). Source: isyeb.mnhn.fr

La présentation du mois au Collège de Saussure – Lancy. Entrée libre.



Jump-To-Science : donner envie d'accéder aux articles
              plutot que vulgariser Pour préparer la conférence, y revenir après coup, ou pour ceux qui ne pourront pas y assister, Jump-To-Science vous invite à poursuivre avec l’un de ses articles ou ouvrages :    

Marc-André Selosse est notamment l'auteur de : Nature et préjugés: Convier l'humanité dans l'histoire naturelle
Couverture Marc-André Selosse  Éditions Actes Sud - 447 pages

Quelques références choisies:

  • Selosse, M.-A., Richard, F., He, X., & Simard, S. W. (2006). Mycorrhizal networks : Des liaisons dangereuses? Trends in Ecology & Evolution, 21(11), 621‑628. https://doi.org/10.1016/j.tree.2006.07.003
    Les auteurs ne présentent pas les associations comme une coopération idyllique. Les réseaux mycorhiziens permettent des échanges et des interactions entre plantes et champignons, mais ouvrent aussi la possibilité d’asymétries, de détournements de ressources, de « tricheurs », etc. Ils y développent l’idée que les bénéfices mutuels émergent d’intérêts évolutifs qui ne sont pas nécessairement identiques.
  • Selosse, M.-A., Baudoin, E., & Vandenkoornhuyse, P. (2004). Symbiotic microorganisms, a key for ecological success and protection of plants. Comptes Rendus. Biologies, 327(7), 639‑648. https://doi.org/10.1016/j.crvi.2003.12.008
    • Les auteurs passent en revue les interactions mutualistes entre plantes et microorganismes, notamment les mycorhizes, la fixation de l’azote et les microorganismes protecteurs. Ils montrent comment ces partenaires peuvent modifier profondément le succès écologique des plantes, les communautés et les réseaux trophiques.

  • Dittami, S. M., Arboleda, E., Auguet, J.-C., Bigalke, A., Briand, E., Cárdenas, P., Cardini, U., Decelle, J., Engelen, A. H., Eveillard, D., Gachon, C. M. M., Griffiths, S. M., Harder, T., Kayal, E., Kazamia, E., Lallier, F. H., Medina, M., Marzinelli, E. M., Morganti, T. M., … Not, F. (2021). A community perspective on the concept of marine holobionts : Current status, challenges, and future directions. PeerJ, 9, e10911. https://doi.org/10.7717/peerj.10911
    • Une synthèse particulièrement en lien avec la conférence : elle examine les associations entre organismes marins et leurs microorganismes, et discute le concept d’holobionte, ses apports mais aussi ses limites.
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Quand tout un chacun participe à la science : un exemple, le projet Lemanscope

, 18/08/2026 | Source: Bio-Tremplins

La science citoyenne ou participative

Jump-To-Science avait déjà présenté Lémanscope, et plusieurs d’entre vous ont sans doute participé à cette vaste collecte de données sur le Léman. Le projet offre aussi un bel exemple de ce qu’on appelle aujourd’hui science participative ou science citoyenne : des recherches dans lesquelles des citoyens prennent part, selon des modalités diverses, à la production de connaissances scientifiques. Une forme de participation dont Strasser et al. (2019) montrent qu’elle invite à repenser plus largement les relations entre science et publics. Le numéro 139 de Lémaniques revient aujourd’hui sur cette expérience et sur ce qu’elle a permis de réaliser.

Strasser, B. J., Baudry, J., Mahr, D., Sanchez, G., & Tancoigne, E. (2019). “Citizen Science”? Rethinking Science and Public Participation. Science & Technology Studies, 32(2), 52‑76. https://doi.org/10.23987/sts.60425

Lémaniques no. 139 – Lémanscope, un défi réussi pour démocratiser la science

Ce numéro de Lémaniques relate une aventure basée sur une collaboration étroite entre les mondes scientifique et civil qui s’appliquent à comprendre les phénomènes qui portent préjudice à la santé du Léman et à chercher des solutions applicables pour la sauvegarder.

Lémanscope, c’est un projet de recherche scientifique que l’on peut qualifier de science participative, à savoir l’acquisition de connaissances scientifiques résultant de la collaboration entre des chercheurs professionnels qui maîtrisent tous les outils d’analyse et des citoyens motivés et intéressés par le sujet qui se portent volontaires pour participer au projet en appliquant un protocole précis et en respectant strictement les instructions reçues.

Le projet est dirigé par l’EPFL en collaboration avec l’EAWAG, l’Unil et l’ASL et soutenu par le Fonds national suisse de la recherche scientifique à travers les fonds Agora.

Le projet Lémanscope vise à contribuer à l’évaluation de la santé du Léman et à la compréhension des variations saisonnières de la transparence et de la couleur de l’eau à travers la collecte de données obtenues par la contribution précieuse de 701 bénévoles disposant d’une embarcation.

Ceux-ci sont chargés :

  1. de mesurer la transparence de l’eau au moyen d’un disque de Secchi, spécialement fabriqués pour le projet avec une imprimante 3D
  2. de photographier la couleur de l’eau.

L’introduction au travail de terrain effectuée auprès des bénévoles est accompagnée d’une phase de compréhension des enjeux liés à la santé du Léman qui implique.

Lire le Lémaniques no. 139


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Les sciences que vous enseignez bougent : 4 recherches à découvrir

, 31/07/2026 | Source: Bio-Tremplins

Les sciences que vous enseignez bougent : 4 recherches pour vous donner envie

Pour vos vacances, JTS vous propose une petite variante : quatre recherches récentes, articulées autour de nouvelles techniques en chimie, biologie et physique. Quelques lignes pour chacune, avec assez de mécanisme pour susciter la curiosité, ce que la technique permet désormais d'entrevoir, mais aussi ses limites ou les questions qui restent ouvertes.
Et surtout, la référence pour aller voir plus loin. Dans l'esprit de sain scepticisme scientifique que JTS cherche à cultiver : ne nous croyez pas — même pas JTS ! Allez voir dans l'article d'origine Jump-To-Science : donner envie d'accéder aux articles
              plutot que vulgariser. C'est l'idée même de Jump-To-Science : donner envie d'accéder aux articles plutôt que les remplacer par leur vulgarisation — que les enseignants sauront bien mieux adapter à leurs élèves, avec leurs propres choix pédagogiques.

Identifier les protéines, molécule par molécule

Un nanopore est un canal de quelques nanomètres : lorsqu’une molécule le traverse, elle modifie brièvement le courant électrique qui le parcourt. Avec les protéines, le défi est double : leur charge complexe rend leur passage difficile à contrôler et, parce qu’elles traversent très vite, le signal est bref. L’équipe de Chan Cao (UNIGE) utilise ici un flux électro-osmotique pour entraîner à travers un nanopore d’aérolysine des protéines dépliées et non marquées. Chaque protéine produit une « empreinte » électrique dont un algorithme analyse plusieurs caractéristiques. Résultat : sept protéines apparentées ont pu être distinguées avec environ 80 % de précision, sans marquage chimique ni digestion enzymatique. Reste un défi beaucoup plus ambitieux : passer de la reconnaissance de protéines déjà caractérisées à la lecture d’informations permettant d’inférer directement leur séquence. Jump-To-Science : donner envie d'accéder aux articles
              plutot que vulgariser encourage le lecteur à aller vérifier dans l’article d’origine :  ici
Représentation artistique d'une molécule de protéine détectée au moment où elle traverse un nanopore. © NanoSphere
  • Rukes, V., Norkute, E., Barnikol, G., Duan, J., Gao, J., & Cao, C. (2026). Single-Molecule Fingerprinting of Unlabeled Full-Length Proteins Using an Aerolysin Nanopore. Journal of the American Chemical Society, 148(27), 28179‑28189. https://doi.org/10.1021/jacs.6c01018

Mesurer la « géométrie quantique » d’un isolant

Semblable à une courbure émergente de l'espace intégrée aux matériaux quantiques, la métrique quantique déforme les trajectoires électroniques à la surface des isolants topologiques. © Xavier Ravinet - UNIGE
Un isolant topologique est isolant dans son volume mais possède des états électroniques conducteurs à sa surface. Or ces états ont aussi une géométrie quantique : la métrique quantique décrit, en quelque sorte, la « distance » entre états quantiques voisins. Comment rendre observable cette propriété très abstraite ? Dans des films de Sb₂Te₃, l’équipe d’Andrea Caviglia (UNIGE) détecte sa signature dans une magnétorésistance non linéaire des états de surface. Au-dessous de 30 K, cette réponse ne dépend ni de la température ni du temps de diffusion des électrons, ce qui soutient son origine géométrique. Surtout, elle peut être modulée par une tension électrique, qui change la contribution relative des deux surfaces du matériau. Une propriété jusque-là difficilement accessible devient ainsi mesurable — et contrôlable expérimentalement. Jump-To-Science : donner envie d'accéder aux articles
              plutot que vulgariser encourage le lecteur à aller vérifier dans l’article d’origine :  ici
  • Sala, G., Longo, E., Mercaldo, M. T., Gariglio, S., Cuoco, M., Mantovan, R., Ortix, C., & Caviglia, A. D. (2026). Probing the quantum metric of 3D topological insulators. Nature Materials, 1‑8. https://doi.org/10.1038/s41563-026-02617-3

Après le lithium, le sodium ?


How sodium-ion batteries work. Diagram comparing lithium-ion and sodium-ion batteries.

Fig 1: Principe de fonctionnement des batteries sodium-ion [img]. Source :Castelvecchi, D. (2026)   Adapted from G. Harper et al. Nature 575, 75–86 (2019) and G. Offer et al. Nature 582, 485–487 (2020).

Une batterie sodium-ion fonctionne sur un principe proche d’une batterie lithium-ion : pendant charge et décharge, des ions Na⁺ circulent entre deux électrodes. Mais le sodium est beaucoup plus abondant et moins coûteux que le lithium ; certaines architectures permettent aussi de remplacer le cuivre par de l’aluminium et d’éviter nickel et cobalt. Pourquoi n’a-t-il donc pas déjà gagné ? L’ion sodium est plus gros et les cellules fonctionnent généralement à plus basse tension, ce qui limite leur densité énergétique. Les progrès récents changent cependant la donne : CATL annonce 175 Wh/kg et vise 200 Wh/kg, proche des batteries lithium-fer-phosphate (LFP), avec en outre une bonne tenue au froid et un risque d’incendie annoncé comme plus faible. Leur terrain privilégié pourrait être le stockage des énergies renouvelables, où poids et volume comptent moins. Mais une inconnue demeure : à quel prix réel une fois la production industrialisée ? Les prévisions de parité avec les LFP divergent de plusieurs années.P    Jump-To-Science : donner envie d'accéder aux articles
              plutot que vulgariser encourage le lecteur à aller vérifier dans l’article d’origine :  ici

  • Castelvecchi, D. (2026). Beyond lithium : How sodium-ion batteries could change the world. Nature, 655(8123), 562‑564. https://doi.org/10.1038/d41586-026-02150-y

Redimensionner des protéines avec une IA

https://doi.org/10.1038/s41586-026-10842-8https://doi.org/10.1038/s41586-026-10842-8
Fig. 4. À gauche : principe du modèle Raygun. À droite : utilisation de Raygun pour modifier des protéines de différentes longueurs. [img].  Source : Devkota, et al. (2026).ici

Les modèles d’IA savent désormais créer des protéines de novo. Raygun part d’un problème différent : peut-on transformer fortement une protéine existante tout en conservant sa structure et sa fonction ? À partir des représentations apprises par un modèle de langage protéique, Raygun convertit des séquences de longueurs différentes en distributions de probabilité de dimension fixe : elles deviennent ainsi mathématiquement comparables, ce qui permet d’ajouter, supprimer ou substituer des acides aminés de manière coordonnée. Le modèle peut réduire des protéines de 10 à 25 %, parfois davantage, ou au contraire les agrandir. Et il ne s’agit pas seulement de prédictions : des versions raccourcies de protéines fluorescentes et de l’enzyme TurboID ont été testées expérimentalement et restent fonctionnelles ; des variantes agrandies de l’EGF montrent même une affinité accrue pour son récepteur. Reste à savoir jusqu’où cette capacité s’étend à la diversité des protéines naturelles.  Jump-To-Science : donner envie d'accéder aux articles
              plutot que vulgariser encourage le lecteur à aller vérifier dans l’article d’origine :Conroy, G. (2026) ici et Devkota, et al. (2026).ici

  • Conroy, G. (2026). This AI Raygun can shrink and supersize proteins—Opening the door to easy editing. Nature. https://doi.org/10.1038/d41586-026-02335-5
  • Devkota, K., Shonai, D., Mao, J., Ko, Y. S., Wang, W., Soderling, S., & Singh, R. (2026). Miniaturizing and modifying natural proteins with Raygun. Nature, 1‑9. https://doi.org/10.1038/s41586-026-10842-8


Blog discutant de l'évolution de la biologie et de son enseignement. Pour explorer comment maintenir vivant le lien entre la recherche et l'enseignement.

Une carrière pour rendre la cryptographie quantique applicable

, 16/07/2026 | Source: Bio-Tremplins


Biographie

Nicolas GisinNicolas Gisin est un physicien suisse, né à Genève en 1952. Après une formation en physique et en mathématiques, il obtient son doctorat à l’Université de Genève en 1981. Ses travaux portent sur les fondements de la mécanique quantique, l’intrication, la non-localité, la cryptographie quantique et les communications quantiques à longue distance dans les fibres optiques. Professeur honoraire de l’Université de Genève, il est également professeur de Quantum Information and Communication à Constructor University, à Brême, qui soutient aujourd’hui son groupe de recherche. Il a aussi cofondé ID Quantique, spin-off genevoise active dans les technologies quantiques, et a reçu plusieurs distinctions majeures, dont le prix John Stewart Bell, le prix Marcel Benoist et le Micius Quantum Prize.

Abstract

Peut-on préserver l’intrication de photons sur des dizaines de kilomètres de fibres optiques ordinaires ? Les travaux de Nicolas Gisin et de son groupe à Genève ont montré que oui, à condition de choisir les bons degrés de liberté des photons, notamment les modes temporels. Cette maîtrise de l’intrication a permis de tester les inégalités de Bell hors du laboratoire, puis de développer des protocoles de distribution quantique de clés. Elle éclaire aussi une distinction devenue cruciale : la cryptographie quantique ne doit pas être confondue avec la menace que les ordinateurs quantiques font peser sur la cryptographie classique. De l’intrication à la téléportation quantique, ces recherches montrent comment une propriété longtemps jugée fragile et presque philosophique est devenue une ressource physique pour les communications quantiques. Il est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages de réflexion sur la physique quantique et ses implications.
Les textes en noir sont de Nicolas Gisin ; ceux en vert sont une traduction et une synthèse réalisées par JTS avec l’aide de l’IA.

Peut-on conserver l'intrication de photons à travers des fibres optiques standard ?

L’intrication semblait longtemps trop fragile pour sortir du laboratoire. Pourtant, en utilisant les fibres optiques des télécommunications et des degrés de liberté adaptés, comme les modes temporels, Gisin et son groupe ont montré que des photons pouvaient rester intriqués après plusieurs kilomètres de propagation.

Les physiciens parlent généralement d’intrication de particules, en particulier de particules de lumière, les photons. Mais plus précisément ce sont des propriétés – degrés de liberté – de particules qui sont intriquées. Comme quand on dit que 2 dés sont corrélés (classiquement) on veut dire qu’ils montrent souvent (plus souvent que 1 fois sur 6) la même face. Les particules ont beaucoup de degrés de liberté. Par exemple, pour les photons, polarisation, fréquence, modes spatial et temporel, moment angulaire. A priori on peut simultanément intriquer beaucoup des propriétés d’une particule et cela a été réalisé. Mais à ma connaissance on n’a jamais intriqué simultanément toutes les propriétés d’une particule.

L’intrication est très fragile. À l’époque mes profs disaient qu’elle est comme un rêve, dès qu’on essaye de la saisir, elle s’évapore. Donc, concluaient-ils, il vaut mieux ne pas s’en préoccuper. Grave erreur. Aujourd’hui les technologies quantiques en plein essor maîtrisent de mieux en mieux l’intrication. En particulier, les photons sont très bien isolés dans les fibres optiques standards, celles qu’on utilise en télécom. Ainsi, même après que chaque photon se soit propagé des dizaines de km dans sa fibre optique (une fibre par photon afin de les séparer dans l’espace) l’intrication d’une paire de photons peut être préservée, comme nous avons été les premiers à le démontrer vers la fin du siècle dernier.  Jump-To-Science : donner envie d'accéder aux articles
              plutot que vulgariserencourage le lecteur à aller vérifier dans l’article d’origine : Tittel, et al. (1998). ici

En fait, cela dépend des degrés de liberté intriqués. Pour la polarisation, ce n’est pas simple car les fibres optiques ne sont pas parfaitement cylindriques (et la répartition des contraintes mécaniques pas non plus suffisamment symétrique). Donc nous avons inventé une propriété plus stable, appelée « time-bin » en anglais. L’idée est de superposer 2 modes temporels l’un derrière l’autre le long de la fibre optique. Comme les 2 modes temporels ne sont distants que de quelques dizaines de cm, ils perçoivent une fibre identique, même si cette dernière vibre. Aux extrémités des fibres, on peut superposer les 2 modes temporels à l’aide d’un interféromètre ayant un bras court et un bras long.  Jump-To-Science : donner envie d'accéder aux articles
              plutot que vulgariserencourage le lecteur à aller vérifier dans l’article d’origine : Martin et al. (2017)ici

 

Fig 1: une légende à ajouter ici  [img]. Source : Tittel, et al. (1998).ici


  • Martin, A., Guerreiro, T., Tiranov, A., Designolle, S., Fröwis, F., Brunner, N., Huber, M., & Gisin, N. (2017). Quantifying Photonic High-Dimensional Entanglement. Physical Review Letters, 118(11), 110501. https:// doi.org/10.1103/ PhysRevLett.118.110501
  • Tittel, W., Brendel, J., Zbinden, H., & Gisin, N. (1998). Violation of Bell Inequalities by Photons More Than 10 km Apart. Physical Review Letters, 81(17), 3563‑3566. https:// doi.org/10.1103/ PhysRevLett.81.3563

Comment sait-on que l’intrication a bien été préservée ? Le test de Bell

Pour savoir si l’intrication a vraiment survécu au transport dans les fibres, il faut plus qu’une mesure ordinaire : il faut un témoin d’intrication. Le plus célèbre est le test de Bell, qui met en évidence des corrélations impossibles à reproduire par une théorie purement locale.

Les démonstrations d’intrication nécessitent non seulement de produire et distribuer de l’intrication, mais encore de démontrer que l’intrication a bien été préservée. Pour cela les physiciens ont inventé toute sorte de témoins d’intrication. Le plus célèbre est le « test de Bell », du nom d’un physicien irlandais qui travaillait au CERN à Genève. John Bell a inventé son test en 1964, bien avant qu’on n’imagine des technologies quantiques (les lasers et semi-conducteurs existaient déjà, mais sont des effets collectifs de particules quantiques ; les technos quantiques impliquent de maîtriser les particules individuellement). En plus de démontrer la présence d’intrication, le test de Bell démontre l’existence de ce qu’on appelle des corrélations non-locales (car aucune description purement locale ne peut reproduire les corrélations observées lors d’un test de Bell).

Des tests de Bell à la cryptographie quantique

En plus de leurs beautés conceptuelles l’intrication et les corrélations non-locales ont trouvé des applications, en particulier en communication quantique. C’est un jeune étudiant polonais, Artur Ekert, travaillant à Oxford, qui a eu l’idée de base en 1991. Jump-To-Science : donner envie d'accéder aux articles
              plutot que vulgariserencourage le lecteur à aller vérifier dans l’article d’origine : Ekert, (1991).ici

Peut-on simplifier le dispositif : passer d’un émetteur central à une source chez Alice ?

Une fois l’intrication distribuée et vérifiée, l’enjeu devient pratique : peut-on simplifier le dispositif pour en faire un schéma de communication utilisable ? C’est cette transition qui mène des tests de Bell vers la distribution quantique de clés.

Quand j’ai compris ceci j’ai tout de suite pensé qu’il fallait réaliser cela expérimentalement. Mais pour que cela soit potentiellement utile il fallait simplifier le schéma expérimental. Une première simplification a consisté à réduire le nombre de parties de trois – la production d’intrication au centre et les extrémités des 2 fibres optiques – à deux, ne gardant que les extrémités des fibres, là où les mesures sur les photons sont réalisées. Cela est simple, il suffit de mettre la source d’intrication d’un côté, généralement appelé Alice. Ainsi, d’Alice ne sort qu’un photon se propageant jusqu’à l’autre extrémité appelé Bob. Avec mon étudiant de l’époque, Grégoire Ribordy, qui est depuis devenu directeur de notre spin-off ID Quantique SA, leader mondial en cryptographie quantique et détecteur de photons, nous avons travaillé à ces simplifications. Jump-To-Science : donner envie d'accéder aux articles
              plutot que vulgariserencourage le lecteur à aller vérifier dans l’article d’origine :  Ribordy, et al.  (2000) ici

  • Ekert, A. K. (1991). Quantum cryptography based on Bell’s theorem. Physical Review Letters, 67(6), 661‑663. https:// doi.org/10.1103/ PhysRevLett.67.661
  • Ribordy, G., Brendel, J., Gautier, J.-D., Gisin, N., & Zbinden, H. (2000). Long-distance entanglement-based quantum key distribution. Physical Review A, 63(1), 012309. https:// doi.org/10.1103/PhysRevA.63.012309

Système quantique asymétrique pour la distribution de clés cryptographiques
Fig 2: Système quantique asymétrique pour la distribution de clés cryptographique  [
img]. Source : Ribordy, et al.  (2000) ici

 Comment passer de l’expérience de laboratoire à un système utilisable ?

Avant même les réseaux quantiques actuels, le groupe genevois avait testé la distribution quantique de clés sur une fibre télécom installée sous le Léman. La revue de Gisin et al. mentionne notamment la cryptographie quantique sur 23 km de fibre installée sous le lac Léman, puis les systèmes plug & play cf. Gisin et al. (2002)

  • Gisin, N., Ribordy, G., Tittel, W., & Zbinden, H. (2002). Quantum cryptography. Reviews of Modern Physics, 74(1), 145‑195. https:// doi.org/10.1103/ RevModPhys.74.145
serveurs de Distribution de Clés Quantiques (QKD)
Fig 3: Serveurs de distribution de clés quantiques (QKD)  [img]. Source : IDQ

Quel est le principe de la cryptographie quantique ?

La cryptographie quantique ne chiffre pas directement les messages : elle sert surtout à distribuer des clés secrètes. Sa sécurité repose sur une contrainte physique forte : un état quantique inconnu ne peut pas être copié parfaitement, et toute tentative d’interception laisse statistiquement des traces.

En fait la cryptographie quantique ne fait que la moitié du travail, elle ne fait que distribuer des clés cryptographiques (on parle de QKD : Quantum Key Distribution). Ensuite, ces clés sont utilisées classiquement pour crypter des messages. Cela reste extrêmement utile, puisqu’en cryptographie, la distribution de clés est essentielle et qu’il est impossible de la faire purement classiquement (avec seulement la physique classique) sans hypothèse sur la difficulté (complexité) de certains problèmes mathématiques tels que, par exemple, la factorisation de grands nombres).

La distribution quantique de clés se base sur l’impossibilité de « cloner » (« copier ») l’état de particules quantiques. Cette impossibilité est d’une part une conséquence de la linéarité de l’équation de Schrödinger et, d’autre part, si on pouvait cloner des particules quantiques alors on pourrait utiliser l’intrication pour communiquer à distance à une vitesse arbitrairement grande (j’ai démontré que cette contrainte implique la linéarité de la mécanique quantique). En bref, « cloner » violerait aussi bien la mécanique quantique que la relativité.

Considérons 2 modes temporels le long d’une fibre optique. Un photon peut être dans le mode « en avance » ou dans le mode « en retard ». Appelons ces 2 modes |0> et |1>. Mais ce photon peut aussi être en superposition de ces 2 modes, à moitié en avance et à moitié en retard : |0>+|1>. Cette superposition peut aussi venir avec une phase, par exemple |0> -|1>. Le protocole de distribution quantique de clés impose à Alice d’envoyer beaucoup de photons, l’un après l’autre, chacun dans l’un des 4 états mentionnés ci-dessus. Bob doit choisir de mesurer les photons soit dans la base {|0>,|1>} (il « suffit » de mesurer le temps d’arrivée), soit dans l’autre base (ce qui requiert l’interféromètre mentionné précédemment). Si Alice a, par chance, préparé le photon dans un des états de la base utilisée par Bob, ils obtiennent (si tout va bien) des bits parfaitement corrélés. Par contre, sinon, leurs résultats sont absolument non-corrélés. Après cette distribution de photons, Alice et Bob révèlent publiquement les bases utilisées (mais pas leurs bits). Ainsi ils peuvent ne garder que la moitié des cas lors desquels leurs bits sont parfaitement corrélés. Jump-To-Science : donner envie d'accéder aux articles
              plutot que vulgariserencourage le lecteur à aller vérifier dans un article de review  ici

  • Gisin, N., Ribordy, G., Tittel, W., & Zbinden, H. (2002). Quantum cryptography. Reviews of Modern Physics, 74(1), 145‑195. https:// doi.org/10.1103/ RevModPhys.74.145

Comment détecter qu’une clé a été espionnée ?

Un espion doit choisir comment mesurer les photons sans connaître à l’avance la bonne base. Ce choix introduit des erreurs détectables dans les corrélations entre Alice et Bob ; si le taux d’erreur reste sous un certain seuil, des traitements classiques permettent de corriger les erreurs et de réduire l’information éventuellement obtenue par l’espion jusqu’à un niveau négligeable.

Un espion éventuel devrait faire un peu comme Bob, c’est-à-dire choisir au hasard quoi mesurer (dans quelle base mesurer). Mais il ne peut pas choisir quelle moitié des bits sera gardée. Ainsi, statistiquement, dans ce scénario simplifié, l’espion, Eve (de eavesdropping, espionner en Anglais) aurait environ 25% de taux d’erreur.

Finalement, si Alice et Bob observent sur un échantillon de leurs données un certain taux d’erreur (inévitable en pratique), ils utilisent des codes de correction classiques, ainsi que d’autres algorithmes classiques pour extraire de leurs données une clé cryptographique arbitrairement proche de l’idéal (idéal = zéro erreur et zéro info pour l’espion).   Jump-To-Science : donner envie d'accéder aux articles
              plutot que vulgariserencourage le lecteur à aller vérifier dans l’article d’origine :  ici

Pourquoi le clonage parfait est impossible - et pourquoi le clonage imparfait est intéressant ?

En simplifiant, mesurer un état quantique dans la mauvaise base le perturbe ; mais le fond est le principe de non-clonage : il est impossible de copier parfaitement un état quantique inconnu. Gisin (1998) montre aussi que, si le clonage parfait était possible, on pourrait utiliser l’intrication pour transmettre de l’information plus vite que la lumière, en contradiction avec la relativité. Le passage suivant montre comment cette limite abstraite apparaît concrètement dans l’émission stimulée et les amplificateurs optiques.

Un exemple de clonage imparfait est l’émission stimulée, telle qu’utilisée dans les lasers. En fait, l’émission stimulée est parfaite. Mais elle vient inévitablement avec de l’émission spontanée. C’est cette dernière qui empêche le clonage parfait.

  • Gisin, N. (1998). Quantum cloning without signaling. Physics Letters A, 242(1), 1‑3. https:// doi.org/10.1016/ S0375-9601(98)00170-4

Le clonage imparfait : jusqu’où la physique permet-elle de copier ?

On a démontré (Fasel et al. 2002) que le taux d’émission spontanée pour un taux d’émission stimulée donné correspond très exactement à l’optimum quantique de clonage approximatif. Il est fascinant que ce rapport des taux d’émission stimulé et spontané, qui correspondent aux coefficients A & B d’Einstein, soit exactement à la limite qui empêche d’utiliser l’intrication pour des communications supraluminiques, donc de violer la relativité d’Einstein !
Qu’en penserait Einstein  ! Jump-To-Science : donner envie d'accéder aux articles
              plutot que vulgariserencourage le lecteur à aller vérifier dans l’article d’origine : ici

  • Fasel, S., Gisin, N., Ribordy, G., Scarani, V., & Zbinden, H. (2002). Quantum cloning with an optical fiber amplifier. Physical Review Letters, 89(10), 107901. https:// doi.org/10.1103/ PhysRevLett.89.107901

Comment téléporter un état quantique vers une mémoire ?

Avec Bussières et al. (2014), on passe de l’intrication entre photons à une étape plus proche des futurs réseaux quantiques : la téléportation de l’état d’un photon télécom vers une mémoire quantique solide. Les qubits impliqués ont parcouru au total 25 km de fibre. L’objectif n’est plus seulement de produire ou distribuer de l’intrication, mais de l’intégrer dans des architectures capables de stocker et relayer l’information quantique.

Les fibres optiques sont incroyablement transparentes: après 15 km environ la moitié des photons sont encore présent. Toutefois, après 1000 km il n’en reste pratiquement plus un seul. Pour dépacer des distance d’environ 500 km de fibre optique il faut donc une autre approche que de simplement envoyer des photons d’Alice à Bob. C’est ici qu’interviennent les répéteurs quantiques basés sur la téléportation. Plusieurs sources de paires de photons intriqués travaillent en parallèle sur des tronçons d’environ 50 à 100 km. Ces tronçons sont ensuite connectés par les fameux répéteurs. Sans entrer dans trop de détail, un challenge très important est la synchronisation de tels réseaux. Pour cela on a besoin de mémoires quantiques (tout comme en communication classique, sauf qu’ici les mémoires quantiques doivent préserver l’intrication). Avec Félix Bussières et ses collègues nous avons pu démontrer ce processus “photon téléporté dans une mémoire Quantique” sur une distance de 25km..Jump-To-Science : donner envie d'accéder aux articles
              plutot que vulgariserencourage le lecteur à aller vérifier dans l’article d’origine : Bussières, et al (2014) ici

  • Bussières, F., Clausen, C., Tiranov, A., Korzh, B., Verma, V. B., Nam, S. W., Marsili, F., Ferrier, A., Goldner, P., Herrmann, H., Silberhorn, C., Sohler, W., Afzelius, M., & Gisin, N. (2014). Quantum teleportation from a telecom-wavelength photon to a solid-state quantum memory. Nature Photonics, 8(10), 775‑778. https://doi.org/10.1038/ nphoton.2014.215

Deux questions pour mettre ces travaux en perspective:

1) Les ordinateurs quantiques menacent-ils la cryptographie classique ?

Des travaux récents relancent la question de la vulnérabilité des cryptosystèmes face aux ordinateurs quantiques. Cain et al. (2026) rappellent que l’algorithme de Shor menace RSA et les signatures à courbes elliptiques, tandis que Babbush et al. (2026) soulignent l’importance de ces signatures dans les cryptomonnaies. Cain et al. (2026) suggèrent aussi que les ressources nécessaires pourraient être plus faibles qu’on ne l’imaginait, un résultat que Castelvecchi (2026) présente comme un choc pour une partie de la communauté. Dans le cas des cryptomonnaies, Babbush et al. (2026) mettent en évidence un risque spécifique : lorsqu’une clé publique apparaît lors d’une transaction, un ordinateur quantique assez rapide pourrait en principe retrouver la clé privée avant la validation définitive. Ils soulignent aussi le problème des avoirs dormants, difficiles à migrer. La question n’est donc pas seulement technique : elle engage aussi la gouvernance des blockchains et les choix collectifs.   Jump-To-Science : donner envie d'accéder aux articles
              plutot que vulgariserencourage le lecteur à aller vérifier dans l’article d’origine :  ici

L’analyse ci-dessus me parait totalement pertinente. Un ordinateur quantique permettra un jour de casser efficacement RSA. La question de quand cela viendra est difficile, probablement pas avant une bonne dizaine d’années. On peut en conclure qu’il n’y a qu’à attendre. D’autres percées des ordinateurs quantiques interviendront auparavant et on a donc le temps de voir venir. Mais c’est tout faux! Aujourd’hui pratiquement toutes nos communications (classiques) sont copiées et stockées par différents agents gouvernementaux et privés. Aujourd’hui ces communications chiffrées sont très difficiles à decoder (certains affirmant impossible, mais à mon avis les grandes agences on la capacité de décoder un petit nombre de messages par jour). Toutefois, une fois qu’un ordinateur quantique assez efficace pour casser RSA existera, on pourra décoder rétroactivement tous les messages chiffrés en stock. D’ici là beaucoup d’informations auront perdu toute valeur, mais certaines demeureront pertinente (gouvernement, banque, hôpital, grande entreprise, etc). En résumé, il n’est pas trop tôt de se préoccuper des ordinateurs quantiques future, mais trop tard! D’ailleurs les grandes agences type NSA préconisent depuis des années d'abandonner RSA. Le reste est une histoire de gros sous (changer de système cryptographique coûte cher).

2) Est-ce de la téléportation façon science-fiction ?

Parle-t-on vraiment de téléportation au sens de la science-fiction, comme dans Star Wars ? Non : aucun objet, aucune personne, aucune matière ne disparaît ici pour réapparaître ailleurs. Ce qui est téléporté, c’est un état quantique, c’est-à-dire l’information physique qui décrit un système quantique. Cette information n’est pas copiée : elle est transférée d’un système à un autre à distance, conformément au principe de non-clonage. Et ce transfert ne permet pas de communiquer plus vite que la lumière, car il nécessite aussi l’envoi d’une (petite) information classique. La téléportation quantique n’est donc pas un transport instantané de matière, mais une manière de transférer fidèlement un état quantique — une brique essentielle pour les futurs réseaux quantiques. La magie de la teleportation Quantique reside principalement dans le fait que cette information quantique est transférée d’ici à là-bas sans passer par aucun lieu intermédiaire.

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              plutot que vulgariser Pour aller plus loin…
Nicolas Gisin a également publié un ouvrage accessible au public cultivé sur ces questions : Gisin, N., & Aspect, A. (2016). L’impensable hasard : Non-localité, téléportation et autres merveilles quantiques. Odile Jacob.
. Il y développe plus largement les enjeux conceptuels de l’intrication, de la non-localité et de l’information quantique.


(Les membres Jump-To-Science peuvent obtenir ces articles…).

Références:

  • Babbush, R., Zalcman, A., Gidney, C., Broughton, M., Khattar, T., Neven, H., Bergamaschi, T., Drake, J., & Boneh, D. (2026). Securing Elliptic Curve Cryptocurrencies against Quantum Vulnerabilities : Resource Estimates and Mitigations.https:// quantumai.google/static/site-assets/downloads/cryptocurrency- whitepaper.pdf
  • Bussières, F., Clausen, C., Tiranov, A., Korzh, B., Verma, V. B., Nam, S. W., Marsili, F., Ferrier, A., Goldner, P., Herrmann, H., Silberhorn, C., Sohler, W., Afzelius, M., & Gisin, N. (2014). Quantum teleportation from a telecom-wavelength photon to a solid-state quantum memory. Nature Photonics, 8(10), 775‑778. https://doi.org/10.1038/ nphoton.2014.215
  • Cain, M., Xu, Q., King, R., Picard, L. R. B., Levine, H., Endres, M., Preskill, J., Huang, H.-Y., & Bluvstein, D. (2026). Shor’s algorithm is possible with as few as 10,000 reconfigurable atomic qubits (arXiv:2603.28627). arXiv. https://doi.org/10.48550/ arXiv.2603.28627
  • Castelvecchi, D. (2026, avril 2). ‘It’s a real shock’ : Quantum-computing breakthroughs pose imminent risks to cybersecurity. Nature Publishing Group. https://doi.org/10.1038/d41586-026-01054-1
  • Fasel, S., Gisin, N., Ribordy, G., Scarani, V., & Zbinden, H. (2002). Quantum cloning with an optical fiber amplifier. Physical Review Letters, 89(10), 107901. https:// doi.org/10.1103/ PhysRevLett.89.107901
  • Gisin, N. (1998). Quantum cloning without signaling. Physics Letters A, 242(1), 1‑3. https:// doi.org/10.1016/ S0375-9601(98)00170-4
  • Gisin, N., Ribordy, G., Tittel, W., & Zbinden, H. (2002). Quantum cryptography. Reviews of Modern Physics, 74(1), 145‑195. https:// doi.org/10.1103/ RevModPhys.74.145
  • Martin, A., Guerreiro, T., Tiranov, A., Designolle, S., Fröwis, F., Brunner, N., Huber, M., & Gisin, N. (2017). Quantifying Photonic High-Dimensional Entanglement. Physical Review Letters, 118(11), 110501. https:// doi.org/10.1103/ PhysRevLett.118.110501
  • Ribordy, G., Brendel, J., Gautier, J.-D., Gisin, N., & Zbinden, H. (2000). Long-distance entanglement-based quantum key distribution. Physical Review A, 63(1), 012309. https:// doi.org/10.1103/PhysRevA.63.012309
  • Tittel, W., Brendel, J., Zbinden, H., & Gisin, N. (1998). Violation of Bell Inequalities by Photons More Than 10 km Apart. Physical Review Letters, 81(17), 3563‑3566. https:// doi.org/10.1103/ PhysRevLett.81.3563
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Blog discutant de l'évolution de la biologie et de son enseignement. Pour explorer comment maintenir vivant le lien entre la recherche et l'enseignement.

Santé, biodiversité, IA . Forum et expo Datarium à Genève cet été

, 13/07/2026 | Source: Bio-Tremplins

datarium activities
Exposition Datarium

L'exposition Datarium : Une exposition au cœur des données du vivant

Bienvenue dans Datarium, une exposition qui invite à découvrir comment les données associées au vivant transforment notre compréhension du monde et éclairent des décisions individuelles et collectives.

Son nom associe Data et le suffixe latin -arium, qui désigne un lieu ou un espace dédié à accueillir, conserver ou explorer quelque chose. Pensé comme un espace d'exploration ouvert au public, Datarium propose une immersion dans l'univers des données du vivant : leur diversité, les expertises qui leur donnent du sens et leur impact concret sur notre société.

À travers cinq grandes thématiques (Santé personnalisée, Oncologie de précision, Lutte contre les épidémies, Protection de l'environnement et Intelligence artificielle), l'exposition montre comment la bioinformatique transforme des données complexes en connaissances utiles au service du bien commun.

L'exposition sera inaugurée à l'occasion de la Conférence européenne de biologie computationnelle (ECCB) 2026, organisée à Genève. Elle s'inscrit dans l'initiative #GenevaLovesData, qui valorise les données et leur rôle dans notre société.

Venez découvrir l'exposition plein air Datarium, à Genève, au parc des Bastions du 3 au 19 août et à la rotonde du Mont-Blanc du 20 au 31 août.

Activités Datarium pour vous et vos classes: voir ci-contre
Voir le Forum public · Santé, biodiversité, IA  plus bas

JTS en profite pour vous rappeler des activités reposant sur les données 

A) les activités pour les classes du SIB par Dorian Ziegler et Marie-Claude Blatter

    •  Le site web Ateliers de bioinformatique (https:// education.expasy.org/bioinformatique/)  devient
    • https:// www.expasy.org/archives/ateliers-bioinformatique: toutes les activités et ressources sont archivées et disponibles en ligne sur Zenodo.
    • En savoir plus sur le génome humain : ChromosomeWalk (https:// www.chromosomewalk.ch/liste-chromosomes/)
    • En savoir plus sur la médecine de précision : PrecisionMed (https:// www.precisionmed.ch/)
    • (Re)découvrir l’évolution
      • LightOfEvolution (https:// lightofevolution.org/)
      • OhMyGenes (https:// ohmygenes.org/)
      • PhiloPhylo (https:// www.chromosomewalk.ch/philophylo)
    • Découvrir la conception de médicament assistée par ordinateur : Atelier Drug Design (https://www.atelier-drug- design.ch/)
    • Quelques protéines célèbres en bande dessinée : https:// www.proteinspotlight.org/comics/

B) Projet La biologie numérique : quelles opportunités pour mieux enseigner ?

    • Des scénarios d'utilisation en classe de la biologie numérique pour des concepts difficiles à enseigner.
    • 25 scénarios pour des activités en classe ou de type TP / laboratoire virtuel ou les élèves peuvent vérifier des hypothèses et construire des connaissances en se basant sur les savoirs les plus récents


Forum public · Sur inscription · Gratuit Jumeaux numériques

Santé, biodiversité, IA

La science des données au service du bien commun

Lundi 31 août 2026 · 13h30–17h15 · CICG, GenèveVoir le programme 

Je m'inscris

Le lundi 31 août 2026, le Centre International de Conférences de Genève (CICG) ouvre ses portes au public pour une après-midi exceptionnelle, accessible à toutes et tous, sans prérequis scientifique.

À l'occasion de la 25ème édition de la plus grande conférence européenne dédiée à la science des données du vivant, venez découvrir comment la bioinformatique et l'intelligence artificielle permettent de mieux comprendre, soigner et protéger le vivant. Un événement #GenevaLovesData.

Infos pratiques

  • 📅 Date : Lundi 31 août 2026, de 13h30 à 17h15
  • 📍 Lieu : Centre International de Conférences de Genève (CICG)
  • 🏛️ Organisateur : SIB Institut Suisse de Bioinformatique (dans le cadre de la conférence ECCB 2026)
  • 🎟️ Inscription : Gratuite, sur inscription obligatoire
  • 🗣️ Langue : Français

Pourquoi participer ?

  • → Comprendre les enjeux clés de la santé et de l'environnement
  • → Poser vos questions directement à des experts et décideurs
  • → Découvrir l'impact concret de l'IA et des données sur notre quotidien
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Guide d’utilisation de Researchgate à l’attention de mes collègues (et des vôtres)

Thomas Guiraud
, 03/02/2018 | Source: Blog de Thomas Guiraud

Courte présentation de ResearchGate ResearchGate, dont je vous propose un petit guide d’utilisation, est un réseau social professionnel consacré à la communauté académique au sens large, c’est-à-dire à ceux qui produisent diverses publications scientifiques. J’ai eu l’occasion de décrire ce site, ses avantages, ses faiblesses dans un article précédent que je vous invite à consulter … Continuer la lecture de Guide d’utilisation de Researchgate à l’attention de mes collègues (et des vôtres)

Cet article Guide d’utilisation de Researchgate à l’attention de mes collègues (et des vôtres) est apparu en premier sur Thomas Guiraud : le Blog.

De l’importance de laisser traîner son ADN

, 27/11/2017 | Source: Dans les testicules de Darwin





Le monde du vivant est encore un grand mystère entre les espèces qu’on ne connaît pas encore et celles qu’on connaît mais qu’on n’arrive jamais à observer. Et dans le genre mystérieux, les océans, ça se pose là. Genre tu savais qu’on n’avait découvert un des plus grands requins du monde (le troisième sur le podium après le requin baleine et le requin pèlerin) en 1976 ? Un an avant la sortie du premier Star Wars, je sais pas si tu rends compte là. Le requin grande gueule fait quand même en moyenne plus de 5 mètres de long et depuis sa découverte on en a observé MOINS DE 70 ! 






Du coup si une bestiole de cette dimension arrive à nous échapper pendant aussi longtemps, qu’est-ce qu’on va trouver dans les prochaines décennies ? Non calme toi, on ne trouvera pas de Mégalodon, ils ont DISPARU OK ?! Fais toi une raison. 


Mais on a encore beaucoup de choses à découvrir ! Et surtout, il y a déjà beaucoup d’espèces dont on sait qu’elles existent mais qu’on connaît très mal parce qu’elles sont très rares ou très bien cachées. Et comment on fait dans ce cas-là? Les scientifiques ont trouvé une solution : utiliser l’ADN que les animaux et les plantes laissent derrière eux là où ils passent. On laisse tous plein d’ADN derrière nous quand on est quelque part, demande aux équipes de NCIS. C’est aussi valable pour les autres espèces vivantes et il suffit alors de prélever quelques litres d’eau pour y trouver de l’ADN laissé par des cellules mortes mais aussi tous les fluides d’excrétion (oui tu as très bien compris, ne me force pas à être vulgaire).


En gros, tu récupères  de l’eau (mais ça peut aussi être des sédiments terrestres, tu adaptes ça à l’environnement que tu veux étudier) et tu l’analyses pour y trouver ce qu’on appelle de l’ADN environnemental, c’est-à-dire l’ADN des trucs qui sont passés par là il y a pas trop longtemps. 

Et pourquoi est-ce que c’est aussi cool ? 

C’est cool parce que ça permet de savoir quelles espèces sont présentes dans l’environnement. Mais aussi parce que ça permet d’avoir une idée de leur abondance, genre on sait s’il y en a beaucoup ou pas. C’est pas tout, c’est aussi cool parce que ça permet de savoir s’il y a des espèces qui n’ont rien à foutre là qui y sont, genre des espèces envahissantes. C’est cool parce que ça permet des suivis sans avoir à utiliser de méthodes invasives comme capturer les animaux que tu veux étudier et leur poser des tags pour ensuite les relâcher, méthode extrêmement utile mais coûteuse et compliquée à mettre en place ainsi que potentiellement stressante pour les animaux tagués. 

Par exemple l’an dernier, des chercheurs ont pu déterminer la taille efficace (concept un peu compliqué mais qui permet en gros de savoir si ta population est grosse et si elle est génétiquement en bonne santé) d’une population de requins baleines à partir de 30 litres d’eau prélevés au large du Qatar. Comme quoi parfois, c’est plus intéressant de prélever de l’eau que les bestioles qui vivent dedans !



L'homme de demain sera une femme

, 04/07/2017 | Source: Dans les testicules de Darwin



Des ours hermaphrodites, des poissons et des batraciens féminisés, des mouettes mâles qui couvent, Conchita Wurst... 

Les hommes sont-ils en train de devenir des femmes ? 

Sur terre et dans la mer, le mâle se porte mal, et la virilité devient une valeur en berne. A l'agonie des derniers des macho-men, au mâle succèderait le mâle-être, ou chaînon rampant, au plus grand désespoir des femmes...




Connaissez-vous l'histoire de la grenouille à grande bouche ? Non ? Peu importe car ce n'est pas le sujet de cet article. Bon, puisque vous insistez... Depuis la nuit des temps, la grenouille mâle fait "coa-coa" quand elle veut. Mais depuis peu, cette même grenouille mâle émet une sorte de "tic-tac" en pleine période de parade nuptiale pour dire qu'elle ne veut pas. Pire, on retrouve des œufs dans les testicules de Mr. Grenouille. C'est ce qu'on appelle la féminisation. Malheureusement, l'histoire de Mr. Grenouille est loin d'être un cas isolé. 




Des poissons complètement stones, drogués aux antidépresseurs et aux œstrogènes, barbotent tranquillement dans le fleuve Saint-Laurent (Québec). Les mâles ont des œufs qui leur poussent dans les testicules provoquant une diminution de leur fonction reproductrice. La féminisation des poissons mâles est essentiellement provoquée par les œstrogènes synthétiques qui résistent aux filtres et aux bactéries d’épuration. Ces perturbations endocriniennes proviennent, entre autres, des femmes sous pilules contraceptives qui rejettent par leur urine des quantités d’hormones monumentales dans les eaux usées.

Ce charmant cocktail aurait des répercussions sur l'Homme. En effet, des expérimentations en laboratoire menés sur des rats nourris avec l'eau potable bue par les Québécois ont montré une baisse de la production de spermatozoïdes de 40%. Est-ce la raisons pour laquelle les codes traditionnels de séduction sont renversés au Québec ? Ce sont les femmes qui font les premiers pas, alors que les hommes restent complètement passifs... bon ok je m'égare. Quoi qu'il en soit, parmi ces molécules chimiques lâchées dans la nature ils s’en trouvent qui provoquent la dévirilisation du monde animal. 
Et le changement climatique dans tout ça ? Parce que bon, si l'on veut être publié dans de grandes revues scientifiques il faut que ça apparaisse! Eh bien Jamie, avec le réchauffement climatique, certaines populations de reptiles se féminisent naturellement! Ce phénomène s'explique du fait que le sexe n'est pas déterminé génétiquement mais dépend de la température du sable lors de l'incubation des œufs. 

Par exemple, chez les tortues marines, une incubation en dessous de 29°C donne naissance à des mâles, tandis qu'au-dessus se seront des femelles (Figure 2). Voilà qui pourrait faire craindre pour la survie de certaines espèces de tortues car les températures devraient inexorablement s'élever au cours des décennies à venir. Bien qu'un sexe ratio biaisé en faveur des femelles ne causera pas une extinction immédiate, une augmentation trop importante de la température pourrait considérablement réduire la fitness de ces populations sur le long terme.

 

En bref! Si vous êtes un homme et que vous souhaitez boire avec la jolie blonde accoudée au bar, commandez de préférence une bière plutôt qu'une margarita car les glaçons pourraient provenir de l'eau contaminée du robinet, et ça serait vraiment dommage de perdre sa virilité ;).

 

 

Quelques refs pour la forme:
https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/les-poissons-se-feminisent_13553
http://news.nationalgeographic.com/2016/02/160203-feminized-fish-endocrine-disruption-hormones-wildlife-refuges/
http://www.ledevoir.com/non-classe/47572/pollution-mutations-sexuelles-chez-les-poissons-du-saint-laurent
Karen Kidd, (2011) Homone mimics and fish reproduction, workshop
Hayes, T., et al. (2002) A. Feminization of male frogs in the wild. Nature, 419, 895 - 896
Village People (1978), Macho Man, https://www.youtube.com/watch?v=AO43p2Wqc08


Full Cimer à Jij', John, JeremFiki et Ben

La couleur du bruit de la sélection: partie 2

, 24/05/2017 | Source: Dans les testicules de Darwin


Blanc? Bleu? Vert? Si la fluctuation de la sélection naturelle dans le temps et l'espace a une couleur, elle est bien rouge! 

Nous l'avons vu dans la première partie, ce "bruit" rouge nous indique que la force de la sélection naturelle subit par les espèces est d'autant plus importante que ses variations sont rares. 

Mais ... y aurait-il un lien entre l'ami Darwin et la thermodynamique bien connue des physiciens?






Retour sur la première partie de ce billet: La sélection naturelle varie dans le temps et l'espace. Tout comme une force physique, sa direction et son intensité subissent de nombreuses variations. Loin de ressembler à un simple lancé de dé, la sélection naturelle, à l'instar des séismes et autres phénomènes naturels, varie en suivant un bruit rouge. La lumière rouge est dominée par les faibles fréquences (ex: les infrarouges) ... la sélection naturelle c'est la même chose! C'est à dire qu'elle varie de manière drastique très rarement. Et heureusement! En effet, comment s'adapter si la force et la direction de la sélection subit de très importantes variations constamment?


Vous prendriez bien une petite tasse de thermodynamique?


Le bruit rouge est quelque chose de bien connu des physiciens. En effet, il décrit une fonction 1/f (ou f est la fréquence). Et cette fonction 1/f est pour le moins ... intéressante!


Attention phrase barbare:


Cette fonction 1/f décrit l'apparition dans le temps d'une brisure de symétrie dans une structure dissipative.


Ok ok ok, arrêtons-nous 2 secondes sur ce charabia. C’est quoi une structure dissipative? Ce terme a priori complexe n'est rien d'autre qu'un système ouvert qui reçoit de l'énergie et qui en dissipe, sous forme de chaleur essentiellement. Pour le dire autrement, une structure dissipative c'est l'inverse de votre tasse de café brûlant que vous oubliez sur la table. Si elle est n'est pas réchauffée, cette tasse de café va se refroidir, jusqu'à atteindre la température de la pièce.  Bref, elle va perdre de l'énergie! Dans une structure dissipative, il y a constamment un apport d'énergie qui va l'empêcher de se "refroidir" en quelque sorte. C'est le cas des étoiles, des arbres, des animaux et de François Hollande Emmanuel Macron ... ce sont toutes des structures dissipatives. On les dit « symétriques ». Cependant, il peut arriver parfois qu'une perturbation arrive, et casse ce bel équilibre entre les apports et les pertes d'énergie. On parle alors d'une brisure de symétrie!


Parlons un peu d'entropie ...







L'entropie? Tout le monde en a déjà entendu parlé? Grossièrement, l'entropie est une mesure du désordre d'un système. Si vous ne rangez pas votre chambre, l'entropie augmente. Et il faut alors "apporter de l'énergie au système" ... bien souvent en faisant le ménage du dimanche après-midi en ayant une gueule de bois (ne mentez pas, on l'a tous fait!). Bref, une structure dissipative n'est rien d'autre qu'un système qui se bat constamment contre l'augmentation de l'entropie en apportant de l'énergie. Un être vivant est une structure hautement organisée, et doit donc aussi se battre contre l'entropie en apportant de l'énergie ... c'est ce qu'on appelle manger!




Maintenant que le cadre est posé, attaquons le vif du sujet

Ilya Prigogine

Dans les années 70, Ilya Prigogine (Prix Nobel de Chimie 1978) découvrit que les structures dissipatives s'auto-organisent de façon à maximiser les flux d'énergie qui les traversent. C’est ce qui est parfois appelé le 3ème principe de thermodynamique. Comme les êtres vivants sont « thermodynamiquement » parlant des structures dissipatives, alors ils devraient aussi être soumis au même principe. Et bingo, c’est aussi ce qui est sorti de la tête d’un biologiste: Alfred James Lotka (1880-1949). Connu surtout pour ses modèles de démographie, Lotka émis déjà l’hypothèse en 1922 que « les êtres vivants tendent à maximiser le flux d’énergie qui les traverse sous l’action de la sélection naturelle ». Vous voyez ou je veux en venir?

Alfred James Lotka



En gros, la sélection naturelle ne représenterait que le processus par lequel les espèces tendent constamment à maximiser le flux d’énergie qui les traversent, luttant donc contre l’entropie. 

Un être vivant est une structure qui doit constamment « s’apporter de l’énergie », et seuls ceux qui y arrivent le mieux sont « sélectionnés ».





Mais rappelons-nous, l’entropie peut grossièrement être résumée comme de la perte d’information. Un être vivant n’est rien d’autre qu’une énorme masse d’information (représentée par son organisation), qui doit constamment lutter contre l’entropie. La sélection naturelle fait donc le tri entre ceux qui conservent le mieux leur information (donc qui dissipent le mieux leur énergie, d’un point de vu thermodynamique) et ceux qui n’y arrivent pas. Nous l’avons vu, pour conserver son information, il faut donc apporter de l’énergie au système. En gros il faut manger. La sélection naturelle tri les individus qui mangent le mieux … qui survivent le mieux en fait.




Cependant, il peut arriver à tout moment qu’une perturbation détruise ce beau système thermodynamique, ce qu’on appelle aussi une brisure de symétrie. PAUSE! Qu’avons-nous dit plus haut? : « (…) cette fonction 1/f décrit l'apparition dans le temps d'une brisure de symétrie dans une structure dissipative ». Structure 1 /f qui décrit la variation de la sélection naturelle dans le temps!


Il est temps de finir l’histoire.


Le problème de la vie, c’est qu’elle ne peut se prémunir tout le temps d’une perturbation. Une pierre va toujours tomber un jour à ou l’autre sur la plante en contre-bas. Un pare-brise va toujours finir par écraser la pauvre mouche qui voletait sur la route. La foudre va toujours frapper le pauvre Robert qui répare son antenne de Canal + un soir d’orage avec une bière à la main.




Élargissons notre point de vue : Et il y aura toujours une météorite qui tombera pour détruire 75% des espèces vivantes sur la Terre (#nerverforget #dinosaures) un jour ou l’autre. Bref, pour le dire dans le langage de la thermodynamique, il y aura toujours une brisure de symétrie pour venir ennuyer le bel équilibre thermodynamique que représente un être vivant. Pour le dire dans le langage du commun des mortel, il y aura toujours une belle saloperie pour nous tomber sur le coin de la gueule! Le hasard est une donnée nécessaire de l’univers, et la vie doit faire avec. Face à un tel destin fait de tirages de dé, comment continuer à lutter contre l’entropie en maintenant son information? Non, le tarot divinatoire n’est pas la solution.


C’est là où la Vie a trouvé son petit truc qui la rend si unique : la reproduction. Pas la peine de maintenir le « porte information » (l’organisme) en vie, il suffit de transmettre notre information (l’ADN) dans un autre porte information! Voilà comment la vie arrive à lutter contre l’entropie. Et la sélection naturelle en est le chef qualité intransigeant. L’entropie va de toute façon irrémédiablement altérer l’information que représente notre corps, nous menant tous entre 4 planches (voir aussi un ancien article démontrant l'inutilité de l'immortalité pour un organisme vivant). L’important c’est de pouvoir transmettre l’information avant que l’entropie fasse son job … Il n’y a pas 36 façons de transmettre son information, il faut se dupliquer! Certains organismes ont même développé la reproduction sexuée qui permet de se dupliquer en créant de l’information à chaque génération! En gros, la prochaine fois que vous voulez mettre la belle blonde accoudée au bar dans votre lit, dites-lui qu’elle fait partie d’un plus vaste projet, celui de réduire l’entropie de la vie, et donc de l’univers 😊!


En conclusion?


La sélection naturelle ne serait donc que la conséquence de la variation de l’entropie sur la Terre. En gros, la variation de l’énergie sur la Terre façonnerait la sélection naturelle, sa force et sa direction. Le grand Hamilton (1936-2000) ne s’était peut-être pas trompé lorsqu’il se demandait en 1970 si « (...) given a uniform world with constant weather, would the negentropy of solar radiation suffice to produce the necessary variation for natural selection to act upon? »


La vie n’est au final qu’un frêle esquif luttant contre l’entropie dans un océan déchaîné de lancés de dés ! La sélection naturelle est là pour écarter les embarcations qui se laisseraient happer par une vague de hasard. Les vagues de hasard ne sont pas les mêmes sur toute la surface de la Terre, faisant varier la sélection naturelle … qui peut alors mettre son génie à l’œuvre pour créer la formidable diversité qui nous est offerte.


Sources en vrac:

- Très grosse source d'inspiration: http://www.francois-roddier.fr/
François Roddier est un astrophysicien qui s'est pas mal intéressé à la biologie, à la sociologie, à l'écologie, etc ... Bref le Monsieur touche à plein de choses. Un esprit brillant qui mériterait assurément une plus grand attention!

Son livre: François Roddier, Thermodynamique de l'évolution: un essai de thermo-bio-sociologie. 2012. Edition Parole.

Une de ses conférences: https://www.youtube.com/watch?v=6lNz5vmKEFA

- Hamilton, W.D. (1970) Ordering the phenomena of ecology. Science, 167, 1478-1480

- Lotka, A.J. (1922) Contribution to the Energetics of Evolution. Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, 8, 147-151

- Solé, R.V., Manrubia, S.C., Benton, M., Kauffman, S. & Bak, P. (1999) Criticality and scaling in evolutionary ecology. Trends in Ecology & Evolution, 14, 156-160

- Solé, R.V. & Bascompte, J. (2006) Self-Organization in Complex Ecosystems.(MPB-42). Princeton University Press

- Brown, J.H., Gupta, V.K., Li, B.-L., Milne, B.T., Restrepo, C. & West, G.B. (2002) The fractal nature of nature: power laws, ecological complexity and biodiversity. Philosophical Transactions of the Royal Society of London B: Biological Sciences, 357, 619-626

- Sella, G. & Hirsh, A.E. (2005) The application of statistical physics to evolutionary biology. Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, 102, 9541-9546

- Price, G.R. (1995) The nature of selection. Journal of Theoretical Biology, 175, 389-396





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